IEF et les avantages autres que pédagogiques

Je fais partie des mamans qui ont fait le choix de l’IEF sans que ce soit par la force des choses. Pas d’enfant traumatisé par l’école, pas d’enfant réellement « différent », pas de rejet du corps enseignant de notre part…

La Petite Crapette est quelque peu spéciale, mais pas dans des proportions qui alarment le corps enseignant donc son malaise passait assez inaperçu. On aurait pu faire avec… si on n’avait pas eu le choix. On n’aurait pas su combien notre Louloute était capable d’évoluer, mais bon on aurait fait avec, dans les tensions permanentes qui étaient notre quotidien à l’époque.

Notre grande aimait l’école, elle mélangeait même allègrement apprentissage et quête d’amour de la part de sa maîtresse… Pas bien équilibré non plus mais de son point de vue l’école c’était chouette, et elle savait très bien se conformer aux attentes…pour être sûre d’être aimée.

Si on avait fermé les yeux dessus, notre Grande Crapette se serait sentie à l’aise dans l’environnement scolaire jusqu’à ce qu’un jour elle soit avec un prof qui ne succombe pas à son charme et qu’elle ne sache soudainement plus pourquoi elle apprend…

Si je dois faire un point sur les avantages de l’IEF, je dirais que :

– Je connais mieux mes filles. On pense toujours connaître ses enfants… Mais les voir imaginer, apprendre, s’adapter au quotidien sur tout ce qui fait leur vie…c’est encore un autre cap.

– Mes filles se connaissent mieux entre elles et leur complicité est décuplée. Pas de tension avec d’autres enfants qui s’accaparent l’une ou l’autre, moins de pression sur la Petite Crapette qui était étouffée par les copines de la grande sœur.

– Notre famille est plus soudée, nous formons davantage un clan, sans pour autant nous fermer aux autres évidemment et heureusement. Mais il se développe un sentiment d’appartenance à notre cellule familiale qui est très fort et qui nous unit.

– Elles expriment et se confrontent plus directement à leurs émotions. Pas de porte de sortie, pas de manque de temps pour les écouter, on parle. Les jalousies, les peurs d’être moins aimée que la sœur, ou que le bébé à venir, les colères, les sentiments d’injustice sont posés un à un, les yeux dans les yeux. S’il faut en parler une demi-heure, on en a le temps. S’ils faut caler un câlin d’une heure, on a le temps. Il n’y a pas la fuite en avant que représente le fait de retrouver les copains le matin, en mettant un mouchoir sur le problème et en accumulant les tensions et le mal-être sans en parler aux parents. Du coup, de moins en moins d’excès d’humeur, de provocations… Les coeurs sont considérablement apaisés et ça se fait comme pour un oignon : couche après couche 🙂

– Les barrières d’âge se lèvent progressivement. On s’en fiche que 3 ans et demi ça soit trop tôt ou pas pour couper des légumes avec un gros couteau, pour séparer les blancs des jaunes en pâtisserie, pour connaître les continents ou un poème de Victor Hugo. Ce que la Petite Crapette veut faire et retenir… C’est son choix. Pour ce qui est de la sécurité, à nous d’y veiller, mais en l’accompagnant et pas en lui serinant en permanence « T’es trop petite ! » ou encore « Quand tu seras plus grande… » voire pire « Oui, mais ta sœur est plus grande c’est normal. »… Au final, plus on lui fait confiance plus elle est appliquée et plus elle performe… Sur des choses qui nous étonnent encore, car notre esprit, lui, est encore limité par les attentes scolaires classiques.

– La possibilité de laisser les préférences devenir des passions, des moyens d’expression, et qu’elles y passent le temps qu’elles veulent. Pour notre Grande, c’est le dessin et la musique (chant ou piano). Elle s’y adonne avec une capacité de concentration impressionnante, ça lui sert de libération émotionnelle, de moyen d’être fière d’elle, de passeport pour son imaginaire… et elle y a accès en permanence, sans restriction. On voit qu’elle en a besoin et que la limiter signifierait la priver d’une part importante de son développement psycho-émotionnel.

– Rien à voir, mais on dépense beaucoup moins en vêtements. Outre l’aspect financier, on simplifie les choses : elles ont une jolie tenue chacune et le reste est du pratique. Un trou est recousu rapidement, un legging est fait pour revenir crassou, une polaire et une paire de bottes et on fait face à tous les cas de figure. Pas de dictature des paillettes, de la Reine des Neiges ou autre. On achète ce qui leur fera plaisir bien-sûr, mais elles ne réclament plus du tout !

– Elles passent beaucoup plus de temps dehors, ce qui équilibre vraiment leur tempérament, leur donne une sensation de liberté, les responsabilise sur la tenue adéquate selon la météo. Et elles se dépensent à gogo entre vélo, trottinette, construction de cabane et jeux en tous genres. Tous les jours.

– Elles sont beaucoup moins malades… Moins de mélange de microbes, possibilité de donner de l’homéopathie en préventif ou en curatif avec le respect de la fréquence nécessaire à son efficacité… Possibilité de dormir suffisamment quand l’organisme lutte contre un virus, donc il passe presque inaperçu si ce n’est la fatigue accrue sur 24-48h.

Voilà… Je passe sur le confort de la maman qui ne réveille plus ses enfants épuisés, qui ne les dépose plus avec un rhume en espérant qu’elles tiendront la journée et seront assez couvertes à la récré, qui ne se fâche plus le soir pour qu’elles dorment avec la peur que le lendemain elles soient encore plus crevées, qui ne pleure plus le soir en se disant que le peu qu’elle a vu ses filles, c’étaient des cris et des larmes car personne n’a plus de patience et personne n’a son quota de tendresse… Bref, on va mieux ! Tous!

Je ne dis pas que tout le monde doit faire comme nous, c’est un choix de vie et un luxe. Mais il serait hypocrite de dire que rien n’a changé… 🙂

6 commentaires

  1. Bonjour Estelle. J’admire énormément ce mode de vie et tout ce que tu fais avec tes filles. Pouvoir profiter ainsi de ses enfants et surtout de les voir grandir … un rêve qui me paraît inaccessible pour le moment. Nous ne pouvons pas vivre avec un seul salaire et nos horaires de travail nous obligeraient à laisser les enfants toute la journée chez la nounou. Pour le moment tu es en congé maternité mais comment vas-tu t’organiser quand tu reprendras le travail ? Bonne journée et merci pour tous ces articles 😉

    Aimé par 1 personne

    1. Coucou Fanny, je ne suis pas arrêtée en fait je continue d’enseigner le shiatsu à 3 groupes d’élèves. Plus tard je continuerai l’enseignement, mais j’ajouterai de la pratique certains samedis, dans un secteur géographique proche.
      Mais les tournées c’est de l’histoire ancienne, mes élèves prennent le relai dans les autres départements 🙂

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  2. Superbe témoignage, j’ai toujours dis que le jour où j’aurai des enfants, ils n’iront jamais à l’école (ou peut être à l’école démocratique puisque je vais en créer une).
    J’adore lire/entendre ces retours d’expérience qui rendent presque évident le fait que… c’est ça qui est normal, et pas l’école classique!
    Rien que le fait de réveiller un enfant qui dort, je trouve cela maltraitant vis-à-vis de son développement… enfin, il y aurait beaucoup à en dire, mais vous en dites déjà tant! Merci

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