Elle est là…

La Mini Crapette est née le 7 janvier au soir. Elle est belle comme tout, douce comme de la soie, délicate comme un bouton de fleur… Et jaune comme un p’tit citron ! 😁

Notre miniature est née à 36 SA +6 jours.

C’était un accouchement par voie basse après césarienne, déclenché pour cause de rupture prématurée de la poche des eaux (à 34 SA).

Les 17 jours entre la rupture de la poche (ou plutôt la grosse fissure) et le déclenchement m’ont épuisée. Tout ce liquide perdu tous les jours, à renouveler sans cesse, mon teint a viré au gris, je me suis creusée et la fatigue était très importante.

Plusieurs fausses alertes avec du faux travail ont également rendu l’attente difficile nerveusement.

Monte sur le plongeoir, redecends du plongeoir. Remonte, redescends ce n’est pas encore ton tour. Voilà ce que je ressentais.

L’accouchement était une montagne à gravir, avec son lot de peurs, liées d’une part à l’intimité entre donner la vie et se rapprocher de la mort que toute femme ressent à l’approche du moment clef ; d’autre part aux risques accrus d’un déclenchement sur utérus cicatriciel, mais aussi d’une naissance forcée 4 semaines avant terme.

L’idée d’aller bousculer bébé pour qu’elle sorte un mois avant terme ne colle pas du tout avec ce que je lui souhaitais. Mais je dois avouer que me concernant, il était temps que ça s’arrête, mon corps était proche de ses limites… Je comprends donc qu’on n’attende pas indéfiniment, indépendamment du risque infectieux bien sûr.

Bref, malgré le travail de communication fait avec bébé pour qu’elle soit avertie de la fin de la grossesse, mon corps ne s’est jamais mis en marche pour la sortie. Mes seins étaient prêts par contre, mais mon utérus pas du tout ! Résistance !

Donc déclenchement à l’ocytocine à 9h lundi 7. Les contractions étaient bien régulières, et j’ai pu gérer en les accompagnant dans un premier temps. De 9h à 15h30, j’ai vécu le travail comme je me le souhaitais. Mais après ces 6h30 à contracter toutes les 2-3 minutes, je sentais la fatigue m’envahir… Quand la sage femme m’a annoncé 5 bons cm, j’ai demandé la péridurale pour avoir un répit et être sûre d’avoir de la force pour le final.

Parallèlement à ça, Mini Crapette supportait mal les contractions quand j’étais sur le ballon, je devais rester debout pour que son rythme cardiaque ne descende pas trop.

Au final, on m’a demandé de rester allongée après la peri pour un examen, voir si le cordon n’était pas pincé, et tenter une prise de sang sur la tête de bébé pour mesurer le taux de lactate, un marqueur de bien-être foetal. L’ocytocine est arrêtée aussi pour que bébé se remette.

Au final, la chouquette n’a jamais voulu appuyer sa tête sur le col pour permettre l’examen. Mais la position allongée lui a permis de retrouver un rythme cardiaque nickel.

Me voilà donc bloquée… Et si j’avais un doute, j’ai eu un bloc moteur sur la jambe gauche avec la péri. C’est-à-dire que je ne pouvais plus la lever.

Je demande à baisser la péri pour être sûre d’être actrice de l’expulsion, et on observe que mon corps ne prend pas le relai de l’ocytocine : les contractions s’espacent et perdent en intensité. Je dors 1h30, j’en avais besoin.

Après ce répit, on me remet de l’ocytocine. Et les doses sont augmentées, mais contrairement au début du déclenchement, on ne me prévient pas des augmentations de dosage. Je ne touche pas à la péri, et me crois anesthésiée… Donc je ne suis pas du tout dans l’état d’esprit nécessaire à vivre ce qui se prépare…

On m’examine, je suis à 6, col bien effacé. Mon mari part s’acheter à manger.

Il descend, c’est fermé à l’hôpital. La boulangerie pas loin est fermée aussi, il se rabat sur un fast food…

Pendant ce temps, je commence à avoir mal. Vraiment mal, comme si je n’avais pas de péri. Je gérais au début, mais le fait d’être bloquée sur le dos et d’être surprise par les sensations me fait perdre mes moyens. Mon système nerveux n’avait plus à sécréter d’endorphines puisque j’étais anesthésiée… Donc je me retrouve à gérer des contractions intenses et très rapprochées avec zéro préparation. C’est dur, je ne suis ni détendue ni rassurée.

La sage femme m’avoue avoir augmenté un peu rapidement l’ocytocine, je vois qu’elle est surprise par ma sensibilité au produit. Elle m’examine, je suis à 7. J’ai VRAIMENT très mal. Dans les reins, comme toujours surtout à droite… Je suis broyée.

Et là, trois contractions s’enchaînent, sans pause. La première me fait me cramponner à la barrière du lit, la seconde m’attrape les deux reins, je suffoque, je panique, et quand l’intensité redescend légèrement je craque, je pleure et je dis que je ne pourrai pas supporter davantage. Je me souviens me demander par quel miracle j’étais encore consciente, quand la 3e contraction arrive à son paroxysme. Je crie pour la première fois et la sage femme me demande où j’ai mal. En larmes, je dis partout : les reins mais aussi devant, c’est d’une intensité terrible.

La sage femme a peur pour ma cicatrice, elle me demande de me mettre sur le dos pour m’examiner. Je retorque que je n’ai aucun répit, mais j’ordonne tout de même à mes doigts de lâcher leur prise sur la barrière du lit, ayant encore la lucidité de comprendre les risques de rupture utérine.

Et là, la sage femme m’annonce que mon bébé est engagé dans mon bassin. En 3 contractions, je suis passée de 7 à dilatation complète et bébé bien engagé… Sans soulagement par la péri, sans liberté de mouvement et sans préparation mentale.

La douleur persiste mais je reprends le contrôle. J’accompagne de nouveau, le plus dur est fait. Je donne le numéro de mon mari entre deux respirations, il faut qu’il arrive car la puce avance !

Il reçoit le coup de fil, dit arriver dans 2 minutes. Sauf que la route pour revenir est barrée. Il doit prendre un détour, puis se gare pour éviter un bouchon et vient en courant jusqu’à la mater… Il était fou…

Quand il arrive, j’ai quelques rires nerveux de soulagement, mais la sage femme me dit de ne pas rire car la puce avance et elle n’a pas encore mis ses gants 😁

Je pousse une fois (pas fort, je n’ai plus de force), je peux toucher sa petite tête, une première pour moi ! Ça me donne un courage terrible, je suis regonflée à bloc, l’enfer des minutes précédentes est déjà presque oublié… C’est fou comme la magie est puissante dans ces instants.

Je pousse encore 2 petites fois, juste en soufflant gentiment… Et elle sort sans une égratignure pour moi. Mon homme a regardé, à ma grande surprise… Et il coupe le cordon, encore une première car le sang et lui ne font pas bon ménage. Mais là, ce moment était tellement parfait que nous en dégustons chaque seconde tous les deux.

C’est de la folie de passer en quelques minutes de la sensation de mourir de douleur… à la douceur la plus intense du monde.

Gabrielle est sur moi, et personne ne la manipule avant une bonne heure et demie. Elle passe de mon sein au peau à peau avec son papa…

On est repu d’amour et d’émotion.

11 commentaires

    1. Merci pour ton message, c’était un moment intense où j’ai appris sur moi-même. Et Gabrielle était devenue mythique après toute cette attente… le fait de pouvoir sentir et vivre la sortie aussi naturellement nous a permis de la reconnaître concrètement, de l’inscrire dans notre réalité.

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  1. Félicitations Estelle et bienvenue à la petit puce !

    J’ai moi-même eu un petit Gabriel le 11 novembre dernier ! Accouchement très difficile pour moi aussi car j’ai bien failli y rester … Faux travail et fausses alertes pendant 1 semaine avec des contractions tous les quarts d’heures / 20 min. Hémorragie sévère après césarienne d’urgence, anesthésie générale, transfusion de sang et ils étaient à 2 doigts de me retirer l’utérus !

    Mais je vois que ça a été sport pour toi aussi. Tant mieux que tout le monde va bien. Tu as accouché à Rennes ?

    Perso j’ai eu 2 césariennes d’urgence et on me dit que s’il y a un troisième ce sera une césarienne programmée d’office. Je dois faire le deuil d’un accouchement par voie basse et c’est assez difficile.

    Reposez-vous bien et profitez bien de sa petite bouille.

    Taïga te passes le bonjour 😉

    Aimé par 1 personne

    1. On aura l’occasion d’échanger dessus 😉
      Hâte aussi de te la présenter, ça voudra dire qu’on est enfin tous réunis !
      Pour le moment je suis encore à la mater et les grandes n’ont toujours pas rencontré leur petite sœur…
      C’est long, mais on doit s’adapter au rythme de Gabrielle, qui fait une jolie jaunisse à la limite des normes, donc on a les inconvénients sans le traitement, donc c’est long…

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